lundi, octobre 15, 2007
Fermeture du blog
Ce blog arrive à sa fin. J'espère qu'il aura été utile à certains d'entre vous. Les anciens articles restent disponibles mais je n'en poste plus de nouveaux.
Voici quelques liens qui peuvent vous permettre de rester informés et d'agir, car malheureusement la souffrance reste à ce jour le lot quotidien des Nord Coréens.
http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/communiques_de_presse/coree_du_nord_preoccupations_relatives_aux_droits_humains
http://www.msf.fr/coree
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=13407
Pour envoyer des pétitions aux représentants diplomatiques de la Corée du Nord en Europe :
Mission Permanente de la Republique populaire democratique de la Coree
Chemin de Plonjon 1
1207 Geneve, Suisse
Fax : 41-22-786-0662
Voici quelques liens qui peuvent vous permettre de rester informés et d'agir, car malheureusement la souffrance reste à ce jour le lot quotidien des Nord Coréens.
http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/communiques_de_presse/coree_du_nord_preoccupations_relatives_aux_droits_humains
http://www.msf.fr/coree
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=13407
Pour envoyer des pétitions aux représentants diplomatiques de la Corée du Nord en Europe :
Mission Permanente de la Republique populaire democratique de la Coree
Chemin de Plonjon 1
1207 Geneve, Suisse
Fax : 41-22-786-0662
mardi, juin 05, 2007
Fuir la Corée du Nord en barcasse
Echapper au régime de Pyongyang est devenu quasiment impossible. Une famille est arrivée au Japon, samedi 2 juin, à bord d'un canot à moteur, après une périlleuse odyssée de 800 km
Fuir la Corée du Nord en barcasse
Article paru dans l'édition du 05.06.07
A quatre, un couple d'une soixantaine d'années et leurs deux fils âgés de la trentaine, ils ont navigué pendant quatre jours des côtes nord-coréennes à celle du Japon à bord d'une barcasse en bois, sans cabine, propulsée par un petit moteur et plus adaptée à la pêche en rivière qu'à la haute mer. Parcourant plus de 800 kilomètres à la boussole à travers la mer du Japon, ils ont fui la République populaire démocratique de Corée (RPDC) parce qu' « on ne peut pas vivre là-bas, sans argent et sans travail », ont-ils expliqué à la police. A bord, ils avaient emporté, avec des provisions, une petite bouteille contenant, semble-t-il, du poison au cas où ils seraient pris.
Ils ont été repérés, samedi 2 juin aux aurores, par des pêcheurs nippons auxquels ils ont demandé « la route pour Niigata », port de la mer du Japon (mer de l'Est, pour les Coréens), plus au sud. Ils se trouvaient au large du petit port de Fukaura (département septentrional d'Aomori). Avertie, la police maritime les a escortés à terre.
Ce ne sont pas les premiers boat people nord-coréens à arriver au Japon : en 1987, un bateau de pêche, avec 11 personnes à bord dont quatre enfants, avait dérivé jusqu'à la côte du département de Fukui (Honshu central). Les réfugiés avaient été envoyés par la suite en Corée du Sud via Taïwan. Cette fois, Tokyo a annoncé qu'ils seraient envoyés directement en Corée du Sud comme ils le souhaitent.
Leur longue et périlleuse odyssée fait craindre aux autorités japonaises un afflux de demandeurs d'asile arrivant par mer. Encourager les Coréens du Nord à suivre l'exemple des Vietnamiens au lendemain de la chute de Saïgon était une idée lancée au début des années 2000 par des organisations défendant les réfugiés dont certains forçaient les portes des délégations étrangères en Chine. S'agit-il, cette fois, d'un cas isolé ou bien une nouvelle « route » d'évasion est-elle en train de se mettre en place ?
La fuite de cette famille de pêcheurs est révélatrice de la sévérité des conditions de vie en RPDC. Ils n'ont pas été contraints à fuir en raison de la répression. Ils ont fui la pénurie. Ils viennent, ont-ils raconté, de Chongjin, grand port et ville industrielle du nord-est de la RPDC, à proximité des frontières chinoise et russe.
La situation à Chongjin, où nous nous trouvions il y a quelques mois, ne semble pas pire que dans d'autres villes de la RPDC privées d'énergie et de ressources. La vie - où ce qui est donné à voir au visiteur - s'y poursuit vaille que vaille, au ralenti, silencieuse, au rythme des foules qui marchent le long des longues avenues et des trolleys brinquebalant. Chongjin a l'avantage d'être à proximité de la Chine et de la Russie dont l'importance des consulats témoigne d'échanges commerciaux. Certains en profitent. La majorité survit.
Le dangereux périple par la mer des quatre boat people pourrait indiquer que la route traditionnelle empruntée par les réfugiés via la Chine est de plus en plus difficile. Longtemps, la présence, du côté chinois de la frontière, d'une forte communauté coréenne et d'organisations humanitaires internationales avait facilité les transfuges. Mais désormais, le verrouillage de la frontière par la police chinoise et les rapatriements forcés auxquels elle se livre semblent, jusqu'à un certain point, dissuasifs.
La majorité des Coréens du Nord qui passent clandestinement en Chine en franchissant le fleuve Tumen, qui marque la frontière entre les deux pays et ne fait en certains endroits qu'une dizaine de mètres de large, sont des migrants temporaires. Ils viennent se faire un peu d'argent. Certains, plus rares, veulent immigrer au Sud et ils entament un long et dangereux périple de milliers de kilomètres à travers la Chine jusqu'à la Mongolie ou l'Asie du Sud-Est. La « route » par le Vietnam a été fermée à la suite de l'arrivée spectaculaire, en 2004, de 400 réfugiés, qui avait courroucé Pyongyang. En Thaïlande, une centaine de réfugiés attendent d'être envoyés au Sud où plus de 10 000 se sont établis (dont la majorité depuis dix ans).
A la fin des années 1990 - au plus fort de la famine en RPDC -, on a estimé jusqu'à 300 000 les clandestins nord-coréens en Chine. Ils ne sont plus que 30 000 à 50 000 aujourd'hui. Leur situation n'en est pas moins « alarmante », estime Peter Beck, directeur pour l'Asie d'International Crisis Group, ONG visant à prévenir les conflits, qui a enquêté sur leur sort en octobre 2006 ( « Perilous journeys : the plight of North Koreans in China and beyond »). Ils vivent dans des « conditions horribles et ils ont impérativement besoin de protection légale », indique M. Beck.
Victimes de passeurs liés à des réseaux de trafics des personnes, « vendues », « violées et contraintes à se prostituer » dans le cas des femmes, les migrants sont terrifiés par le risque d'être rapatriés de force en RPDC. Leur nombre (150 à 200 par semaine en 2006) a néanmoins contraint les autorités nord-coréennes à alléger les peines qu'ils encourent. La Chine les considère comme des immigrants illégaux et reste sourde aux appels des organisations internationales d'accorder à certains le statut de réfugiés.
« La pénurie, plus que la répression, est la principale raison à des passages en Chine », estime M. Beck. « Certains migrants qui ont de l'argent peuvent acheter un passage risqué vers la Corée du Sud ; les autres subiront, des années durant, violence et exploitation. Ils ont peur de rentrer comme de rester », poursuit-il.
C'est pour éviter ce sort qu'en dépit de la proximité de la frontière chinoise, les quatre boat people de Chongjin ont préféré affronter la mer.
Philippe Pons
dimanche, janvier 21, 2007
Ne ratez pas l'émission "Enquête exclusive" sur M6 dim. 21 janv. 23h00 - rediffusion jeu. 25 janv. 00h00
Cette semaine, Enquête Exclusive vous propose un voyage au bout de l'enfer : en Corée du Nord.
Un pays hors du temps et coupé du monde qui est aujourd'hui sous les feux de l'actualité. Alors qu'une nouvelle famine ravage déjà le pays (3 millions de morts dans les années 90), le régime de Pyongyang vient d'annoncer avoir réalisé son premier essai nucléaire. Une claire menace adressée à la communauté internationale.
Comment expliquer qu'un tel régime, considéré comme le " Jurassic Park du stalinisme ", puisse encore subsister ? Pourquoi les Coréens du Nord ne se révoltent-ils pas ? Qui est véritablement leur tyran, Kim Jong-Il, ce véritable milliardaire rouge qui se fait appeler " le soleil éternel " ? Pour percer le mystère de cet incroyable pays, deux documents exceptionnels réalisés sur place, dans des conditions extrêmes, et présentés depuis la frontière nord-coréenne par Bernard de La Villardière, lequel a également recueilli des témoignages exclusifs de réfugiés dans les faubourgs de Séoul :
1) Corée du Nord, l'enfer au quotidien Comment vit-on en Corée du Nord ? Après plusieurs mois de négociations, le journaliste Dominique Hennequin a réussi à pénétrer dans ce pays. Lors de l'une des très rares occasions accordées à quelques journalistes chaque année - lesquels sont toutefois étroitement surveillés durant leur séjour par les cadres du régime. Sous prétexte de suivre le travail de la seule ONG française présente en Corée du Nord (Première Urgence), Dominique Hennequin a pu filmer la réalité du pays, la plupart du temps en caméra cachée. Les images qu'il a rapportées de son voyage sont inédites et... effrayantes. Propagande agressive, endoctrinement des enfants dès l'âge de 3 ans, glorification jusqu'à la caricature de Kim Jong-Il comme de son père, Kim Il-Sung, économie exsangue, conditions sanitaires déplorables, régime militaire reposant sur la terreur, camps de concentration, trafic d'armes, de drogues et de faux billets, etc... Enrichi d'images d'archives, un document très fort et une enquête sans concessions sur l'enfer nord-coréen au quotidien.
2) Kim Jong-Il, le dernier empereur Avec ses cheveux ébouriffés, ses grosses lunettes, ses costumes militaires d'un autre âge et ses bottines à talons, il ressemblerait presque à un personnage de dessin animé. C'est pourtant l'un des hommes les plus dangereux et les plus craints de la planète. Fils de Kim Il-Sung, auquel il a succédé (une première dans l'histoire des dictatures communistes !) après lui avoir fait construire un mausolée de 80 millions de dollars, Kim Jong-Il oblige son peuple à se prosterner devant ses exploits plusieurs fois par jour, tout en menaçant le monde du feu nucléaire. Depuis son accession au pouvoir, le pays n'a jamais été aussi mal en point. Le système économique, basé sur l'autosuffisance, est à l'agonie. 8 millions de nord-coréens, soit le tiers de la population, survivent exclusivement grâce à l'aide alimentaire. 80% souffrent de malnutrition. Et 99% n'ont même jamais vu de téléphone portable (interdit dans le pays). Mais il y a l'arme atomique... Qui est véritablement Kim Jong-Il, un homme que l'on dit par ailleurs intelligent, cultivé, spirituel et grand amateur de cinéma (une collection personnelle de 30 000 films) ? Un étonnant portrait signé Michel Lhemort, avec des images d'archives jamais vues et des témoignages exclusifs de ses ex-proches..
Présenté par :
Bernard de la Villardière.
REDIFFUSION : jeu. 25 janv. 00h00
Un pays hors du temps et coupé du monde qui est aujourd'hui sous les feux de l'actualité. Alors qu'une nouvelle famine ravage déjà le pays (3 millions de morts dans les années 90), le régime de Pyongyang vient d'annoncer avoir réalisé son premier essai nucléaire. Une claire menace adressée à la communauté internationale.
Comment expliquer qu'un tel régime, considéré comme le " Jurassic Park du stalinisme ", puisse encore subsister ? Pourquoi les Coréens du Nord ne se révoltent-ils pas ? Qui est véritablement leur tyran, Kim Jong-Il, ce véritable milliardaire rouge qui se fait appeler " le soleil éternel " ? Pour percer le mystère de cet incroyable pays, deux documents exceptionnels réalisés sur place, dans des conditions extrêmes, et présentés depuis la frontière nord-coréenne par Bernard de La Villardière, lequel a également recueilli des témoignages exclusifs de réfugiés dans les faubourgs de Séoul :
1) Corée du Nord, l'enfer au quotidien Comment vit-on en Corée du Nord ? Après plusieurs mois de négociations, le journaliste Dominique Hennequin a réussi à pénétrer dans ce pays. Lors de l'une des très rares occasions accordées à quelques journalistes chaque année - lesquels sont toutefois étroitement surveillés durant leur séjour par les cadres du régime. Sous prétexte de suivre le travail de la seule ONG française présente en Corée du Nord (Première Urgence), Dominique Hennequin a pu filmer la réalité du pays, la plupart du temps en caméra cachée. Les images qu'il a rapportées de son voyage sont inédites et... effrayantes. Propagande agressive, endoctrinement des enfants dès l'âge de 3 ans, glorification jusqu'à la caricature de Kim Jong-Il comme de son père, Kim Il-Sung, économie exsangue, conditions sanitaires déplorables, régime militaire reposant sur la terreur, camps de concentration, trafic d'armes, de drogues et de faux billets, etc... Enrichi d'images d'archives, un document très fort et une enquête sans concessions sur l'enfer nord-coréen au quotidien.
2) Kim Jong-Il, le dernier empereur Avec ses cheveux ébouriffés, ses grosses lunettes, ses costumes militaires d'un autre âge et ses bottines à talons, il ressemblerait presque à un personnage de dessin animé. C'est pourtant l'un des hommes les plus dangereux et les plus craints de la planète. Fils de Kim Il-Sung, auquel il a succédé (une première dans l'histoire des dictatures communistes !) après lui avoir fait construire un mausolée de 80 millions de dollars, Kim Jong-Il oblige son peuple à se prosterner devant ses exploits plusieurs fois par jour, tout en menaçant le monde du feu nucléaire. Depuis son accession au pouvoir, le pays n'a jamais été aussi mal en point. Le système économique, basé sur l'autosuffisance, est à l'agonie. 8 millions de nord-coréens, soit le tiers de la population, survivent exclusivement grâce à l'aide alimentaire. 80% souffrent de malnutrition. Et 99% n'ont même jamais vu de téléphone portable (interdit dans le pays). Mais il y a l'arme atomique... Qui est véritablement Kim Jong-Il, un homme que l'on dit par ailleurs intelligent, cultivé, spirituel et grand amateur de cinéma (une collection personnelle de 30 000 films) ? Un étonnant portrait signé Michel Lhemort, avec des images d'archives jamais vues et des témoignages exclusifs de ses ex-proches..
Présenté par :
Bernard de la Villardière.
REDIFFUSION : jeu. 25 janv. 00h00
La Corée du Sud n’aidera pas la Corée du Nord contre l’épidémie de scarlatine
Associated Press, 10 janvier 2007 - presse interntionale
La Corée du Nord n’apportera pas son aide à la Corée du Nord
pour lutter contre une épidémie de scarlatine qui se serait déclarée dans le pays, a déclaré mercredi un responsable du gouvernement. Le régime communiste n’a pas admis publiquement l’apparition de l’épidémie, mais les médias sud coréens et une ONG ont rapporté que la maladie est apparue en octobre dans la province de Ryanggang au nord du pays et s’est déjà répandue dans d’autres provinces
La Corée du Nord n’apportera pas son aide à la Corée du Nord
pour lutter contre une épidémie de scarlatine qui se serait déclarée dans le pays, a déclaré mercredi un responsable du gouvernement. Le régime communiste n’a pas admis publiquement l’apparition de l’épidémie, mais les médias sud coréens et une ONG ont rapporté que la maladie est apparue en octobre dans la province de Ryanggang au nord du pays et s’est déjà répandue dans d’autres provinces
Plusieurs épidémies dans une ville en Corée du Nord
Yonhap News, 15 janvier 2007 - presse sud coréenne
Quatre maladies infectieuses se sont répandues dans une ville de la côte est nord coréenne, et ont contaminé plus de 4000 personnes a-t-on appris lundi. « Chongjin est envahie par la scarlatine et la typhoïde. Entre 3000 et 4000 personnes sont malades » selon une source. La scarlatine n’est pas une maladie contagieuse sérieuse si elle est correctement et rapidement traitée, mais à défaut elle peut devenir aussi grave que le choléra.
Quatre maladies infectieuses se sont répandues dans une ville de la côte est nord coréenne, et ont contaminé plus de 4000 personnes a-t-on appris lundi. « Chongjin est envahie par la scarlatine et la typhoïde. Entre 3000 et 4000 personnes sont malades » selon une source. La scarlatine n’est pas une maladie contagieuse sérieuse si elle est correctement et rapidement traitée, mais à défaut elle peut devenir aussi grave que le choléra.
vendredi, janvier 05, 2007
lundi, décembre 18, 2006
samedi, novembre 04, 2006
Dix jours à Pyongyang
Témoignage d'une expatriée française
Je travaillais à l'époque (début 90's) au sein d'une entreprise du secteur bâtiment. Mon patron et son équipe pilotaient un projet en Corée du Nord. Quand je suis arrivée, l'équipe s'apprêtait à emmener le dossier complet des plans de construction à Pyongyang. Il m'a été proposé de les accompagner pour la négociation de contrats particuliers. A Pyongyang, une équipe chantier était déjà sur place. Sa mission consistait non pas à superviser les travaux mais à aider les coréens à construire le bâtiment.
Quand je suis arrivée là-bas, ma première impression a été une sensation de faire un saut de 50 ans en arrière. J'ai été surprise tout d'abord de voir des femmes balayer la route pendant qu'on nous véhiculait jusqu'à Pyongyang. Les rues de la capitale étaient vastes et vides. Pas de magasins mais beaucoup de représentations de Kim Il Sung. Pas d'animaux. Et puis, ce que j'ai réalisé beaucoup plus tard, je n'ai rencontré aucune personne âgée. Nous avons été très bien reçus malgré quelques problèmes de logistique (pas d'eau car celle ci n'était disponible qu'en fin d'après-midi ... et de couleur douteuse). Nous n'étions pas autorisés à sortir seuls. Nous restions dans notre logement.
Il existait trois sortes de monnaies : le won pour les nord-coréens, le won pour les "amis communistes" et le won rouge pour les "capitalistes". Les achats étaient très limités.
Quand nous sommes arrivés sur le site de la construction, nous avons constaté que nos amis coréens coulaient le radier (fondations).... à la brouette. Ils n'avaient pas de matériel. Je me souviens m'être étonnée à haute voix de la présence de femmes poussant ces brouettes de béton. Le lendemain, curieusement, il n'y avait plus de femmes.
Nous avons reçu un très bon accueil. En revanche, je me suis sentie mal à l'aise à plusieurs reprises : Par exemple, nous avons été conviés à un repas "américanisé" avec hamburgers et j'ai appris par la suite que ce que j'avais mangé correspondait à un mois de salaire pour un ouvrier. Nous avons été invités au Cirque. Beaucoup de numéros d'acrobatie. Un numéro de clowns et bien que je ne connaisse pas la langue coréenne, j'ai rapidement compris que l'on se moquait des américains et des japonais (une fable en quelque sorte mettant en scène un gentil coréen, un méchant japonais et un vénal américain).
Nous avons visité le métro de Pyongyang. Je suis convaincue que c'est un abri anti-nucléaire. J'ai remarqué avec des collègues la présence de sas très épais après une très profonde descente en escalator.
Les coréens sont très fiers de la reconstruction rapide de la ville de Pyongyang après la guerre de Corée. Il faut dire que la ville avait été rasée par les bombardements. Toutefois, mon patron m'a dit que le béton est de très mauvaise qualité. Je me souviens qu'il m'a dit également que le jour où il y aura un tremblement de terre à Pyongyang, il y aura un nombre incalculable de morts. Parallèlement à notre chantier, les coréens ont entamé la construction d'un hôtel de 105 étages. Cet édifice est aussi haut que la tour Eiffel. Ils ont terminé le gros oeuvre en moins d'un an. Certains hôtels sont construits à quelques centaines de mètres d'une faille malgré les mises en garde. Pyongyang est une zone sismique.
Mes collègues ont visité une carrière de marbre. L'un d'eux m'a rapporté que la population a été très étonnée de la présence d'occidentaux. Selon lui, c'est la première fois qu'ils en voyaient depuis la fin de la guerre. Il m'a dit avoir été choqué de remarquer dans quelles conditions les gens travaillaient. Il a vu un ouvrier piocher pour dégager un gros bloc de marbre en haut d'une colline. En contre-bas, des femmes et des enfants travaillaient. Soudain, l'ouvrier a agité les bras car le bloc s'est détaché brutalement et a dévalé la colline provoquant la panique. Mon collègue a vu cette scène depuis la voiture qui l'emmenait à la carrière. Arrivés au village, il a constaté la présence d'un grand nombre de photographies sur un mur (hommes, femmes, enfants). Il a dit à l'interprète : ce sont les morts de la carrière ? et l'interprète a répondu "non ce sont des médaillés du travail".
Chaque matin, nous étions réveillés aux aurores par la propagande. Des véhicules circulaient dans la capitale avec des haut parleurs hurlant. Nous étions en novembre. Et c'était la récolte du kimshi (sorte de chou). Des camions bennes venaient déverser des tonnes de kimshi dans les cours intérieurs de la capitale. Chaque coréen venait piocher sa provision pour l'hiver et la déposait sur son balcon.
J'ai remarqué que le soir à Pyongyang, les coréens aiment s'asseoir par terre en cercles pour discuter.
Il y avait des journaux coréens traduits en français à notre disposition. L'un d'eux contenait un article qui accusait les Etats Unis d'être à l'origine du Sida. Tous nos expatriés devaient apporter la preuve de leur non séropositivité pour obtenir leur visa.
J'ai eu beaucoup de mal à apprendre à dire bonjour et merci. Anyeungsimnika et Kamsaamnida (phonétique).
Je travaillais à l'époque (début 90's) au sein d'une entreprise du secteur bâtiment. Mon patron et son équipe pilotaient un projet en Corée du Nord. Quand je suis arrivée, l'équipe s'apprêtait à emmener le dossier complet des plans de construction à Pyongyang. Il m'a été proposé de les accompagner pour la négociation de contrats particuliers. A Pyongyang, une équipe chantier était déjà sur place. Sa mission consistait non pas à superviser les travaux mais à aider les coréens à construire le bâtiment.
Quand je suis arrivée là-bas, ma première impression a été une sensation de faire un saut de 50 ans en arrière. J'ai été surprise tout d'abord de voir des femmes balayer la route pendant qu'on nous véhiculait jusqu'à Pyongyang. Les rues de la capitale étaient vastes et vides. Pas de magasins mais beaucoup de représentations de Kim Il Sung. Pas d'animaux. Et puis, ce que j'ai réalisé beaucoup plus tard, je n'ai rencontré aucune personne âgée. Nous avons été très bien reçus malgré quelques problèmes de logistique (pas d'eau car celle ci n'était disponible qu'en fin d'après-midi ... et de couleur douteuse). Nous n'étions pas autorisés à sortir seuls. Nous restions dans notre logement.
Il existait trois sortes de monnaies : le won pour les nord-coréens, le won pour les "amis communistes" et le won rouge pour les "capitalistes". Les achats étaient très limités.
Quand nous sommes arrivés sur le site de la construction, nous avons constaté que nos amis coréens coulaient le radier (fondations).... à la brouette. Ils n'avaient pas de matériel. Je me souviens m'être étonnée à haute voix de la présence de femmes poussant ces brouettes de béton. Le lendemain, curieusement, il n'y avait plus de femmes.
Nous avons reçu un très bon accueil. En revanche, je me suis sentie mal à l'aise à plusieurs reprises : Par exemple, nous avons été conviés à un repas "américanisé" avec hamburgers et j'ai appris par la suite que ce que j'avais mangé correspondait à un mois de salaire pour un ouvrier. Nous avons été invités au Cirque. Beaucoup de numéros d'acrobatie. Un numéro de clowns et bien que je ne connaisse pas la langue coréenne, j'ai rapidement compris que l'on se moquait des américains et des japonais (une fable en quelque sorte mettant en scène un gentil coréen, un méchant japonais et un vénal américain).
Nous avons visité le métro de Pyongyang. Je suis convaincue que c'est un abri anti-nucléaire. J'ai remarqué avec des collègues la présence de sas très épais après une très profonde descente en escalator.
Les coréens sont très fiers de la reconstruction rapide de la ville de Pyongyang après la guerre de Corée. Il faut dire que la ville avait été rasée par les bombardements. Toutefois, mon patron m'a dit que le béton est de très mauvaise qualité. Je me souviens qu'il m'a dit également que le jour où il y aura un tremblement de terre à Pyongyang, il y aura un nombre incalculable de morts. Parallèlement à notre chantier, les coréens ont entamé la construction d'un hôtel de 105 étages. Cet édifice est aussi haut que la tour Eiffel. Ils ont terminé le gros oeuvre en moins d'un an. Certains hôtels sont construits à quelques centaines de mètres d'une faille malgré les mises en garde. Pyongyang est une zone sismique.
Mes collègues ont visité une carrière de marbre. L'un d'eux m'a rapporté que la population a été très étonnée de la présence d'occidentaux. Selon lui, c'est la première fois qu'ils en voyaient depuis la fin de la guerre. Il m'a dit avoir été choqué de remarquer dans quelles conditions les gens travaillaient. Il a vu un ouvrier piocher pour dégager un gros bloc de marbre en haut d'une colline. En contre-bas, des femmes et des enfants travaillaient. Soudain, l'ouvrier a agité les bras car le bloc s'est détaché brutalement et a dévalé la colline provoquant la panique. Mon collègue a vu cette scène depuis la voiture qui l'emmenait à la carrière. Arrivés au village, il a constaté la présence d'un grand nombre de photographies sur un mur (hommes, femmes, enfants). Il a dit à l'interprète : ce sont les morts de la carrière ? et l'interprète a répondu "non ce sont des médaillés du travail".
Chaque matin, nous étions réveillés aux aurores par la propagande. Des véhicules circulaient dans la capitale avec des haut parleurs hurlant. Nous étions en novembre. Et c'était la récolte du kimshi (sorte de chou). Des camions bennes venaient déverser des tonnes de kimshi dans les cours intérieurs de la capitale. Chaque coréen venait piocher sa provision pour l'hiver et la déposait sur son balcon.
J'ai remarqué que le soir à Pyongyang, les coréens aiment s'asseoir par terre en cercles pour discuter.
Il y avait des journaux coréens traduits en français à notre disposition. L'un d'eux contenait un article qui accusait les Etats Unis d'être à l'origine du Sida. Tous nos expatriés devaient apporter la preuve de leur non séropositivité pour obtenir leur visa.
J'ai eu beaucoup de mal à apprendre à dire bonjour et merci. Anyeungsimnika et Kamsaamnida (phonétique).